Dans la poursuite de son observation du processus électoral, l’Observatoire Citoyen pour l’Institutionnalisation de la Démocratie (OCID) note un certain nombre de failles ou de maladresses dans la phase de tabulation des votes, qui contribuent à créer une atmosphère générale de suspicion et à générer des craintes légitimes que la réalité des urnes ou l’expression de la volonté populaire ne soit altérée, en tout ou en partie.

Avant tout, il convient de signaler que la confidentialité des informations traitées au Centre de Tabulation et le manque de transparence dans le mode opératoire de ce dernier n’ont pas permis à l’OCID de recueillir, comme à son habitude, des données systématiques pour son travail d’observation. Les analyses faites par l’Observatoire à cette phase se fondent donc sur les observations limitées qu’il était possible à ses coordonnateurs dépêchés au CTV de faire au cours des deux semaines écoulées et sur plusieurs informations collectées de sources diverses.

Dans ce même ordre d’idées, aucun manuel de fonctionnement du centre n’est disponible, comme par le passé, pour renseigner les intéressés sur les procédés de vérification utilisés et les principales causes de rejet des procès-verbaux mis en quarantaine, à côté des principes généraux prévus par le décret électoral.

En dépit des limites qui leur sont imposées, les Coordonnateurs de l’OCID ont pu collecter des données, certes éparses et non exhaustives, mais révélatrices d’un manque de rigueur dans le processus. Par exemple, nos Observateurs ont remarqué que quelques procès-verbaux validés au CTV comportaient certaines irrégularités quant au nombre de signatures nécessaires. Et lorsqu’ils ont interrogé le Directeur du CTV sur leurs observations, ce dernier leur a répondu que des procès-verbaux présentant certains manquements ne sont pas écarté s’ils ne contiennent pas un nombre très élevé de voix exprimés Une affirmation déconcertante.

Par ailleurs, l’OCID tient à exprimer son insatisfaction quant aux engagements pris par l’institution électorale pour barrer la route aux cas de fraudes orchestrés notamment par des mandataires de partis politiques. Tenant compte que la liste d’exception ne renferme pas les mêmes données alphanumériques que la liste d’émargement, l’OCID attend toujours d’être éclairci sur les balises techniques mises en place pour repérer et sanctionner de telles dérives.

S’agissant de sa demande relative à la publication des noms des avocats vérificateurs qui contrôlent les procès-verbaux, l’OCID constate qu’aucune action n’a été prise jusqu’ici en ce sens. Pire encore, l’Observatoire s’étonne d’entendre le responsable du CTV affirmer dans la presse que ces juristes ont été recrutés uniquement sur la base de leurs compétences et qu’a priori, aucun contrôle n’a été fait sur la possible existence de conflits d’intérêt entre ces derniers et les candidats aux dernières élections. L’OCID réitère donc sa recommandation visant à responsabiliser civilement et pénalement ces avocats vérificateurs ainsi que les opérateurs de saisie au CTV.

Lire aussi :
tp://www.haitilibre.com/article-15622-haiti-elections-lettre-ouverte-de-l-ocid-a-pierre-louis-opont.html
http://www.haitilibre.com/article-15591-haiti-elections-rapport-d-observation-de-l-ocid-sur-la-fermeture-du-scrutin.html
http://www.haitilibre.com/article-15582-haiti-elections-rapport-d-observation-electorale-de-l-ocid-sur-l-ouverture-du-scrutin.html

Source: HaïtiLibre

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