Avec les fortes pluies du mois d’octobre, les acteurs de la santé ont observé une recrudescence des cas de choléra au niveau de plusieurs communes, notamment dans les départements de l’Artibonite, de l’Ouest, du Sud-est, du Sud et du Nord. L’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS/OMS), dans son rapport de situation des alertes du 18 au 29 octobre, signale que plus de 400 alertes ont été enregistrées.

Le document indique qu’environ une quinzaine de communes sont en alerte rouge. La situation est beaucoup plus critique dans les communes Cité Soleil (91 cas), de Marigot (51 cas), Saint-Marc (36 cas) et Jacmel (33 cas).

Les acteurs humanitaires estiment que la consommation d’eau non traitée et les mauvaises pratiques d’hygiènes sont la cause de transmission des 73% des cas investigué.

L’équipe technique UNICEF – PAHO a rappelé aux acteurs d’exécution une plus grande surveillance car les fins d’années restent des périodes de recrudescence de cas résiduels qui touchent aussi bien les départements que la capitale. Une meilleure coordination des acteurs intervenant dans le secteur EPAH (Eau potable, assainissement et hygiène) et de la santé a été encouragée ainsi qu’une flexibilité d’intervention et de partage d’informations. L’ensemble des acteurs d’urgence mobilisés en appui aux autorités locales pour répondre aux alertes

Face à cette situation, les agences du Système des Nations Unies à travers l’OPS/OMS, l’UNICEF et les directions sanitaires des départements affectées, ont intensifié les activités de réponse rapide aux alertes. Des activités de distribution de produits chlorés et de sérum oral, de sensibilisation des communautés, de décontamination des maisons, dortoirs et blocs sanitaires, ont eu lieu dans les communautés touchées.

Particulièrement au niveau du département de l’Ouest, les Équipes Mobiles d’Intervention Rapide (EMIRA), appuyées par la MDM-Canada, la Croix Rouge française et les volontaires de la Croix Rouge haïtienne, ont décontaminé 23 dortoirs, 8 blocs sanitaires composés de 10 douches et toilettes. Ils ont également installé 20 stations de lavage à l’Académie Nationale de Police et organisé une séance de formation sur les pratiques d’hygiènes au profit de 1 500 aspirants policiers.

Dans le département de l’Artibonite, l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et L’OPS/OMS ont approvisionné le Centre de Traitement de Diarrhée en intrants et ressources humaines.

Au niveau du Sud-Est, les EMIRA du Ministère de la Santé Publique et de la Population ont assuré la réponse communautaire dans les zones les plus affectées, particulièrement dans les communes de Jacmel, Cayes-Jacmel, Marigot et d’Anse à pitres. D’autres initiatives incluant l’investigation des sources d’eau, la recherche active des patients atteints de choléra, la décontamination des maisons, la protection des sources d’eau et la sensibilisation ont eu lieu. Des lits supplémentaires ont été mis à disposition dans les centres de santé.

Le Gouvernement haïtien, les agences du Système des Nations Unies et leurs partenaires, ont fait de la lutte contre le choléra une priorité dans le cadre du processus de réduction de la vulnérabilité extrême du pays. Par conséquent, la mobilisation continue des bailleurs reste essentielle afin d’appuyer les efforts du Gouvernement et des partenaires humanitaires à maintenir une capacité de réponse rapide au niveau communautaire.

Il est possible que les pluies se poursuivent pendant une partie du mois de novembre qui sera suivi par la saison sèche, une période pendant laquelle les opportunités de couper la transmission de la maladie sont optimales. En ce sens, les acteurs sont toujours en quête d’environ 8 millions de dollars pour poursuivre la réponse rapide aux alertes et parallèlement améliorer la qualité de l’eau et des activités de promotion de l’hygiène.

Source: HaïtiLibre

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