Message du Président de la République d’Haïti, Michel Martelly à l’occasion du 212e anniversaire de la Bataille de Vertières.

« Peuple Haïtien,

Le 18 novembre 1803 nos ancêtres se sont mis ensemble, ils se sont battus pour nous laisser ce bout de terre, où aujourd’hui nous devons tous vivre libre, dans le respect et la dignité.

Dans cette bataille qu’ils ont mené pour contrecarrer le système esclavagiste, puis créer une Nation maître d’elle-même, les balles ne leur ont pas fait peur, les boulets de canon ne les ont pas fait reculer, ils étaient déterminés à faire tout les sacrifices pour se battre jusqu’à la mort, pour casser toutes les chaines qui les empêchaient de vivre comme des personnes et, soudé ensemble noirs et mulâtres, ils sont arrivée à étonner le monde lorsqu’ils ont remporté cette victoire sur l’armée de Napoléon. Une armée qui n’avait jamais perdu une bataille.

Vertières n’a pas été seulement la victoire des noirs avec les mulâtres sur les colons blancs, Vertières a aussi été la victoire de la liberté, des droits de la personne sur l’oppression, sur l’exploitation, sur l’exclusion et le racisme. C’était un exemple que nos ancêtres ont tracé pour mettre Haïti devant, comme un pays qui a ouvert les portes des libertés et de l’Indépendance pour beaucoup d’autres Nation sur la Terre.

C’est cela que la commémoration du 18 novembre doit nous rappeler et c’est cela que nous fêtons aujourd’hui. C’est ce qui fait qu’avec beaucoup de fierté et au nom de tous les enfants d’Haïti, où qu’ils soit, quelque soit leurs conditions ou leurs opinions, je me courbe pour saluer la mémoire de tous ces hommes qui ont investi leur âme, leur courage et leur vie dans Vertières, pour être en mesure de nous offrir un autre avenir dans un pays qui est libre, un pays qui est indépendant.

C’est un moment pour que nous tous, nous retirions notre chapeau pour dire ‘onè’, ‘onè respè ak ochan pou yo’ ‘ochan’ pour Dessalines, Pétion, Geffrard, Capois, Gabart, Daut, Clervau, Férou, Toussaint Brave, Christophe, Cangé, Vernet, Gérin, Jean-Louis François, Magny, Louise Gabart et Boisrond-Tonnerre et les autres

Haïtiennes, haïtien, mes compatriotes,

Pour que la victoire de Vertières puisse être possible, les noirs et les mulâtres, les hommes des villes et des campagnes se sont entendus, se sont mis ensemble malgré leurs problèmes, différents et conflits qu’ils avaient entre-eux, ils ont cru dans le coude à coude et cela leur a permit de rassembler toutes leurs forces pour se battre et mettre Haïti debout.

C’est sur cet exemple de coopération que nous devons marcher aujourd’hui, pour prendre notre élan pour travailler, pour remporte la victoire sur la misère, sur le chômage, sur l’ignorance, sur la faim et la pauvreté.

Non, nos ancêtres ne se sont pas battus pour que les haïtiens soit dans la misère comme ça ; ils n’ont pas donné leur sueur et leur sang pour cela. Depuis cette victoire, le pays d’Haïti végète, gouvernement après gouvernement passent, c’est toujours la même histoire, nous nous battons entre-nous pour le pouvoir, l’un se bat avec l’autre pour ses intérêts personnels, l’un mange l’autre, l’un détruit l’autre, Haïti recule et le peuple souffre

Tout le temps c’est la même chose, presque toute l’histoire d’Haïti se déroule comme cela, ce sont des coups d’État, ‘déchoukaj’, ‘kraze brize’, ‘voye ale’, ‘rache manioc’, détruire tout se que nous avons construit.

Il est temps, il est temps que cela finisse mes amis il est temps pour que nous cessions de nous détruire, il est temps que nous arrêtions de détruire le pays.

Le développement ne peut être fait ni dans la division, ni dans le désordre, ni dans l’instabilité. Si vous regardez bien, vous pouvez tous prendre conscience que le pays va filer de nos mains, si vous ne décider pas à penser d’une autre façon, agir d’une autre façon, vous comporter d’une autre façon.

Ce pays pour lequel nos ancêtres ont sacrifié leur vie pour nous le léguer, nous allons le perdre, parce que trop souvent nous ne pouvons pas nous entendre, nous contrôler, mettre de l’ordre chez nous, que ce sont les étranger qui viennent mettre un holà entre-nous.

Il est l’heure d’enterrer toutes ces mauvaises pratiques qui salissent l’image du pays et qui nous font paraitre comme un pays qui ne peut pas prendre son destin en main.

Il est l’heure que nous commencions à donner à la jeunesse un meilleur exemple, pour savoir comment diriger le pays demain, pour qu’elle ne prenne pas comme nous, la honte et la déception de l’occupation de la force étrangère sur la terre de Dessalines.

Jeunesse de mon pays,

C’est mon dernier discours du 18 novembre comme Président, j’en profite pour vous dire que ce que je vois aujourd’hui, ce n’est pas ce que nos ancêtres voulaient pour nous. Ce n’est pas pour cela qu’ils se sont battus, et ce n’est pas cela que le pays d’Haïti devait être aujourd’hui.

Si les générations avant nous ont mal compris comment diriger le pays, vous devez montrer ‘tout bon vre’ que vous êtes les héritiers de ces hommes qui ont bravé la mitraille et les boulets de canon, pour qu’Haïti puisse devenir une Nation maître d’elle-même.

Nos ancêtres avaient un seul rêve pour nous, qu’Haïti devienne une Nation plus belle, une Nation qui est forte, qui est fière, une Nation respectée par les autres, pour bâtir une société où chaque citoyen ait les mêmes droits, où il puisse être égale devant la loi, devant la justice, où tout le monde puisse avoir accès à toutes les ressources.

Nos ancêtres ont rêvé pour nous d’une Haïti unie, une Haïti qui avance chaque jour avec plus force sur la route de la démocratie, sur la route du progrès, sur la route du développement durable

Pour marcher sur le chemin qu’ils ont tracé pour nous, c’est avec cette Haïti que nous devons prendre rendez-vous dès aujourd’hui.

Jeunesse de mon pays,

Le rendez-vous de demain, c’est votre rendez-vous, la victoire de demain doit être votre victoire, nous ne devons pas la rater, de la même façon que nos ancêtres, vous devez rassembler toutes vos forces, toutes vos convictions, oublier toutes vos différences, divisions. Unissez-vous pour ne faire qu’un, pour gagner la bataille de l’indépendance ‘total capital’ du pays d’Haïti.

Haïtiennes, Haïtiens, mes frères et sœurs,

La fierté que nous devons ressentir, alors que nous fêtons le 212ème année de la victoire de Vertières, doit nous faire prendre conscience, nous décider à faire tous les sacrifices possibles pour que le pays puisse sortir de la situation actuelle.

Papa Dessalines a réalisé l’exploit du 18 novembre 1803, il avait exigé que tout le monde mette leurs divisions, oppositions et différences de côtés, pour qu’il y est une seule vision et puis regarder dans la même direction, qui est la direction qui les a mené sur le chemin de la victoire. C’est comme cela qu’ils ont remporté la victoire lors de la dernière bataille, qui a donné l’indépendance et c’est comme cela, que nous-mêmes nous devons réussir la bataille du développement. C’est vrai qu’aujourd’hui nous ne pouvons pas ressusciter les héros de l’indépendance, mais nous pouvons nous servir de leurs exemples, nous pouvons cultiver les valeurs qu’ils nous ont légué, pour prendre la force pour bâtir l’Haïti que nous voulons.

C’est sur cette route que j’ai toujours voulu aller, c’est sur cette route que je demande à toutes les forces et intelligences du pays de se diriger, de façon qu’ensemble, nous arrivions à renverser tous les obstacles qui empêchent Haïti de prendre le chemin de son destin, que les ancêtres avaient tracé pour lui.

Vive Vertière
Vive Haïti

Mèsi anpil »

Source: HaïtiLibre

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