L’organisation « Transparency International » vient de publier son rapport annuel sur l’indice de perception de la corruption (Corruption Perceptions Index 2016) pour l’année 2016.

69% des 176 pays figurant dans l’Indice de perception de la corruption 2016 enregistrent une note inférieure à 50, sur une échelle allant de 0 (où le pays est perçu comme très corrompu) à 100 (où le pays est perçu comme très peu corrompu). Cela montre combien la corruption est importante et omniprésente dans le secteur public à travers le monde. Cette année, les pays ayant perdu des places dans le classement de l’indice sont plus nombreux que ceux en ayant gagné, ce qui démontre la nécessité d’une action urgente.

La corruption et l’inégalité se nourrissent l’une de l’autre, créant un cercle vicieux entre la corruption, la distribution inégale du pouvoir dans la société et la répartition inégale de la richesse.

« Dans de trop nombreux pays, les besoins les plus élémentaires des citoyens ne sont pas satisfaits et ces derniers se couchent tous les soirs le ventre vide à cause de la corruption, alors que les puissants et les corrompus jouissent d’un mode de vie somptueux en toute impunité », a déclaré José Ugaz, président de Transparency International.

« Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’attendre. La corruption doit être combattue d’urgence, afin que la vie des gens s’améliore dans le monde entier », a ajouté José Ugaz.

Les citoyens en ont assez des promesses vaines proférées par trop de politiciens qui jurent de s’attaquer à la corruption, et beaucoup se tournent vers des politiciens populistes qui promettent de changer le système et de briser le cycle de la corruption et des privilèges. Pourtant, cela ne fera probablement qu’exacerber le problème.

« Dans les pays dirigés par des leaders populistes ou autocrates, nous constatons souvent des démocraties en déclin et des tentatives inquiétantes de réprimer la société civile, de limiter la liberté de la presse et d’affaiblir l’indépendance du pouvoir judiciaire. Au lieu de s’attaquer au capitalisme de connivence, ces leaders installent généralement des formes de systèmes corrompus qui sont encore pires », a déclaré José Ugaz. « Ce n’est que lorsque la liberté d’expression, la transparence dans tous les processus politiques et de solides institutions démocratiques existent que la société civile et les médias peuvent exiger des personnes au pouvoir qu’elles rendent des comptes et que la corruption peut être combattue avec succès. »
Haïti est classé au niveau mondial 159e sur 176 pays, avec un score de 20, (17 en 2015), tandis que la République Dominicaine est classée 120e avec un score de 31 (33 en 2015).

Haïti est classé dans la région Amérique avant dernier 32e sur 33 au classement juste avant le Venezuela qui est dernier avec un score de 17 (17 en 2015), tandis que la République Dominicaine est classée 24e sur 33.

Le top 3 des pays les plus corrompus cette année sont : la Somalie avec un score de 10, le Soudan du Sud avec un score de 11 et la Corée du Nord avec un score de 12.

Le top 3 des pays les moins corrompus cette année sont : le Danemark avec un score de 90, la Nouvelle Zélande avec un score de 90 et la Finlande avec un score de 89.

En résumé il ne ne suffit pas d’apporter des corrections techniques aux lois luttant spécifiquement contre la corruption. Ce qu’il est urgent de faire, ce sont de profondes réformes systémiques qui compensent le déséquilibre croissant du pouvoir et des richesses en habilitant les citoyens à mettre fin à l’impunité généralisée de la corruption, à demander des comptes aux puissants et à avoir véritablement leur mot à dire dans les décisions qui affectent leur vie quotidienne.

Ces réformes doivent inclure la divulgation par le biais de registres publics du nom des propriétaires d’entreprises, ainsi que des sanctions pour les facilitateurs professionnels qui se rendent complices de transferts trans-frontaliers de flux d’argent obtenu de manière frauduleuse.

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