Cette saison, le FC Barcelone se caractérise par son irrésolution au niveau du jeu proposé, à tel point qu’il lui arrive de renier son ADN qui l’a mené vers les sommets.

L’avenir le confirmera ou non mais la date du 27 novembre 2016 pourrait avoir une importance capitale dans la saison 2016-2017 du FC Barcelone. Ce soir-là, face à une Real Sociedad nettement supérieure sur le plan collectif, l’équipe de Luis Enrique a pu, grâce à un miracle, éviter une humiliation au score qui aurait été adéquate au vu de la production des deux équipes (1-1).

Le Barça à la recherche de l’équilibre perdu​​

“Nous devons nous améliorer, sans aucun doute, parce que faire pire est impossible. Aujourd’hui, c’était mon pire match à la tête du club”, avait alors exposé Luis Enrique en conférence de presse d’après-match. Les carences observées plus tôt dans la saison relatives à la création du jeu, le contrôle ou l’équilibre, ont été mises en exergue comme jamais à Anoeta et ce n’était que la résultante d’une approche reniant l’ADN du club catalan, son style propre.

Historiquement, Barcelone a très souvent su se distinguer par sa capacité à assumer le ballon en comptant sur une conviction forte à l’égard de ses principes. Pressé par la Real Sociedad, Barcelone n’a trouvé comme seule alternative que d’envoyer des longs ballons dans l’entrejeu, refusant de facto de construire de derrière comme de coutume. Le constat général pourrait différer si les individualités de l’entrejeu n’évoluaient pas à un niveau moindre de façon simultanée mais c’est le cas. Sergio Busquets, André Gomes et Ivan Rakitic, les trois titulaires du moment, ne parviennent pas à solutionner les manques de l’équipe dans l’élaboration du jeu.

Durant des années, Barcelone a détenu la conviction de défendre une idée forte, celle d’avoir le ballon. Par le biais d’un trio magique – Busquets, Iniesta et Xavi – l’équipe catalanne a dominé ses adversaires à base d’une grande patience et une construction privilégiant le jeu court. La réalité actuelle est que Barcelone semble préférer procéder en contre-attaque après avoir intégré ce principe récemment à son éventail de possibilités. De fait, l’importance accordée aux milieux de terrains s’est infériorisée. La singularité du “style Barça” avec.

Iniesta a reconnecté le Barça avec son identité lors du Clasico

Face au Real Madrid lors du Clasico au Camp Nou, samedi (1-1), Barcelone a su retrouver son essence à partir de l’entrée en jeu d’Andrés Iniesta. Avant le retour du natif de Fuentealbilla, les maux du Barça n’ont pas cessé face à une équipe merengue plus présente. Durant un laps de temps de 20-25 minutes, les Blaugranas se sont métamorphosés par le biais de triangulations, phases de contrôle peu vues depuis plusieurs semaines, comme s’ils avaient retrouvé la mémoire collective des automatismes exécutés pendant des années à la Masia. Et la présence d’Andrés Iniesta sur la pelouse au même moment n’a certainement rien d’une coincidence. Fluidifiant le jeu de Barcelone, aidant Busquets, proposant des solutions à la relance, Iniesta a pu montrer le chemin à suivre au Barça, subitement plus sûr de lui-même mais incapable de concrétiser sa supériorité en dépit d’opportunités en faveur de Neymar et Messi. Paradoxalement, ce Clasico a remis en évidence les difficultés du Barça contre le Real Madrid, le club souvent accusé de ne pas avoir de style hormis celui de gagner.

Le Barça a pu conquérir un triplé en s’éloignant du jeu de position ancré dans son ADN lors de la première saison de Luis Enrique à sa tête, mais l’incertitude globale semble peser sur les joueurs. Toujours prompt à réagir avec une certaine pertinence après les rencontres, Gérard Piqué a lancé un message qui pourrait bien être un appel en direction de Luis Enrique au terme du Clasico. “Tout dépend de nous et comment nous jouons au football. Si nous récupérons notre style, que nous avons en partie récupéré aujourd’hui, nous sommes imparables et nous pouvons renverser la vapeur.” On dit souvent qu’une équipe est l’expression de son entraîneur et le Barça actuel n’est plus aussi convaincu de lui-même alors que la nostalgie du bon vieux temps plane au-dessus du Camp Nou.

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