Chaque lundi, Goal dresse le portrait d’un joueur qui n’a jamais eu le Ballon d’Or et qui aurait mérité de l’avoir. Place à Iniesta, le métronome du Barça et l’Espagne.

À deux reprises, Andres Iniesta aurait pu s’octroyer le Ballon d’Or au cours de sa carrière. D’abord de la façon la plus évidente, en 2010 et ensuite en 2012. S’il a encore la possibilité de remporter la récompense individuelle étant donné qu’il évolue toujours au plus haut niveau dans l’élite du football, Iniesta restera associé à la date du 11 juillet 2010. Ce soir-là, à au Soccer City de Johannesburg, le natif de Fuentealbilla fut l’auteur du but le plus important de l’histoire de son pays, celui équivalant à la première Coupe du Monde remportée par l’Espagne face aux Pays-Bas de Sneijder et Robben.

Ils auraient mérité le Ballon d’Or #7 : Romario​

Souvent décrit comme une personne très humble et un joueur très élégant, Iniesta maîtrise le temps et l’espace comme personne sur le terrain. Son interprétation du jeu est également l’une de ses plus grandes qualités. Lorsqu’il faut ralentir, il a ainsi recours à “la pausa”, lui permettant, l’espace de quelques secondes, de donner une impression de lévitation afin de par la suite prendre la décision la plus adéquate au contexte général du jeu. S’il évolue depuis de nombreuses années dans le “Barça de Lionel Messi”, une différence est notable entre les deux joueurs : le rythme des actions. Quand Messi écoute son instinct et réalise ses partitions à une vitesse vertigineuse, Iniesta lui oppose un tempo bien plus posé, à la limite du ralenti. Pourtant, il parvient quasiment toujours à se défaire de ses opposants. Aux yeux du spectateur, il ne donne pas l’impression d’évoluer à une grande vélocité mais conserve très souvent le ballon, se permettant de générer des différences nettes par rapport à sa cadence de jeu.

Son ancien entraîneur au Barça, Pep Guardiola, synthétisait le style d’Iniesta de façon globale dans la récente biographie consacrée au joueur, La Jugada de mi vida : “Andrés est l’un des plus grands. Pourquoi? En raison de sa maîtrise de la relation entre l’espace et le temps. Il sait où il est à chaque instant. Même dans un milieu de terrain où il est entouré d’innombrables joueurs, il choisit toujours le bon chemin. Il sait où et quand, toujours. Et puis il a cette capacité très unique à se retirer. Il sort, puis se freine, et sort à nouveau, puis freine de nouveau. Il y a très peu de joueurs comme lui.”

À l’instar de Xavi, son infortune – dans l’optique d’un possible sacre au Ballon d’Or – aura été d’évoluer à la même époque que Lionel Messi, son partenaire à Barcelone. Souvent très introverti, Iniesta aura su paradoxalement offrir sa meilleure version en réponse à une adversité toujours plus exigeante. C’est un joueur de grands matches. À Rome en 2009 face à Manchester United en finale de la Ligue des champions, Londres contre Chelsea en 2010, contre les Pays-Bas en finale du Mondial, lors de la finale de l’Euro 2012 contre l’Italie, sans oublier la prestation remarquable au Bernabeu face au Real Madrid la saison dernière… À chaque fois, Iniesta a su répondre présent en prouvant sa valeur dans des situations de compétitivité maximum.

De par sa discrétion, sa classe, et son talent si particulier, Andrés Iniesta figure déjà parmi les légendes du football. Au même titre que Xavi, Giggs ou Maldini, il n’aura sans doute pas remporté le Ballon d’Or à la fin de sa carrière mais l’important est ailleurs. L’essentiel est l’unanimité qu’il engendre auprès des acteurs du monde du football. Joueurs, entraîneurs, tous ont salué l’empreinte d’Iniesta sur un terrain comme en dehors. C’est sans doute là sa plus belle récompense.

Share.

About Author

Leave A Reply