Les nouveaux enregistrements révélés aujourd’hui ajoute au passif raciste de Donald Sterling, déjà condamné pour discrimination dans la location d’appartements et poursuivi par son ancien GM, Elgin Baylor, pour des propos racistes ayant créé une ambiance de travail détestable.

Malgré tout, le propriétaire des Los Angeles Clippers est toujours là et, depuis le décès de Jerry Buss, il est même le plus ancien propriétaire d’une franchise NBA puisqu’il a racheté le club en 1981. Cela amène d’ailleurs à une question : la NBA peut-elle virer un propriétaire ?
Possible en théorie
La NBA est une association qui peut, techniquement, refuser à un propriétaire d’acheter une franchise ou même l’écarter lorsqu’il est en poste. Cela n’est jamais arrivé dans la ligue de basket américaine mais la MLB a banni à vie William D. Cox, propriétaire des Philadelphia Phillies, qui avait parié sur les résultats de son équipe en 1950 alors que cette pratique est évidemment interdite. Ecarté par le patron de la ligue de l’époque, Kenesaw Mountain Landis, William D. Cox avait donc été obligé de vendre sa franchise.

Le bureau des « gouverneurs », qui regroupe tous les propriétaires NBA, pourrait ainsi voter l’exclusion de Donald Sterling. Il lui faudrait une majorité et, surtout, une base légale montrant que le patron des Clippers a enfreint des règles propres à l’association.

Très compliqué en pratique
Il n’existe en effet pas de « clause morale » et la NBA ne peut pas virer un propriétaire parce qu’il est raciste ou qu’il a été condamné par la justice. La NBA fonctionne en fait comme un club privé et on ne peut être exclu que si on manque aux règles de ce club. Bien sûr, les autres propriétaires pourraient décider d’exclure un propriétaire en considérant qu’il nuit à l’image publique de la ligue mais la procédure serait alors longue et complexe car la base légale de cette exclusion serait compliquée à prouver.

En clair : ce serait très, très compliqué de virer un propriétaire pour des motifs extérieurs à ceux de la ligue elle-même, George Shinn en étant l’exemple parfait.

En 1998, l’ancien propriétaire des Hornets avait ainsi été accusé de kidnapping et d’agression sexuelle. Le procès avait finalement été abandonné, faute de preuves tangibles, mais il avait reconnu deux relations extra-conjugales avec deux employées du club, dont une danseuse. Pour lui, ces relations étaient consenties. D’après les deux femmes, qui avaient ensuite porté plainte, ce n’était pas du tout le cas.

George Shinn avait trouvé un accord avec les plaignantes dans un procès au civil mais sa réputation à Charlotte était devenue tellement mauvaise que les fans désertaient la salle malgré les succès sportifs de l’équipe et qu’il a préféré faire déménager la franchise à la Nouvelle-Orléans. Toutefois, la NBA n’a rien fait pour l’écarter et lui a laissé le club, jusqu’à ce que les comptes deviennent inquiétants.

Plombés par des finances catastrophiques et sans solution, David Stern a utilisé en 2010 le seul véritable moyen à sa disposition pour chasser un mauvais propriétaire : racheter l’équipe au nom de la NBA.

Détestable mais « invirable »
La NBA n’a ainsi décidé de couper les ponts avec George Shinn que lorsque ce dernier est devenu une menace financière pour son propre club, qui menaçait de s’écrouler. Donald Sterling a beau être détestable en tant qu’individu, la ligue ne peut pas lui reprocher grand-chose en tant que patron.

Sa franchise va bien financièrement avec des bénéfices à hauteur de 15 millions de dollars l’an dernier, selon Forbes. Sportivement, tout va bien aussi avec les arrivées de Blake Griffin et Chris Paul. Il n’y a donc que la personnalité de Donald Sterling qui pose problème mais, sur ce seul argument, la NBA ne peut rien faire.

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