Après 11 ans rythmés par l’incapacité à redonner à l’Argentine ses lettres de noblesses, Lionel Messi a annoncé sa retraite internationale.

Le 17 août 2005 et alors âgé de 18 ans, le jeune Lionel Messi faisait ses débuts avec l’Argentine. Des débuts rocambolesques pour le jeune précoce débauché de Rosario par le Barça, qui a écopé ce jour-là d’un carton rouge après 47 secondes de jeu. Deux ans plus tard, Messi perdait sa première finale, en Copa America, contre l’ennemi voisin du Brésil. Des débuts compliqués, comme l’amorce d’une histoire d’amour qui se termine ce lundi dans la frustration.

Depuis, l’un des plus grands footballeurs de tous les temps a pourtant prouvé qu’il ne se résumait pourtant pas aux faits malheureux. Messi, c’est cinq Ballons d’or, trois Souliers d’Or européens, 24 titres avec le mastodonte Barça et un statut d’icône en Catalogne.

Après 11 années passées avec la sélection argentine, des millions de fidèles à travers le globe, 113 sélections, de nombreux espoirs sur ses épaules et huit compétitions majeures disputées, le bilan est amer pour le roi du football sud-américain. Après son éclosion dans les rangs du Barça, beaucoup misaient sur le petit génie pour offrir à l’Argentine un digne successeur à Diego Maradona. Car lui, malgré tous ses travers, était revenu d’Europe pour offrir à son pays natal une Coupe du Monde inoubliable en 1986.

“Nous avons le meilleur joueur du monde, qui va mettre quatre buts contre la Real Sociedad et qui n’en touche pas une quand il vient ici. Ceux qui disent qu’il faut protéger Messi commencent à me casser les c… . Messi, il faut le traiter comme tout joueur qui porte le maillot de la sélection, qu’il soit bon ou mauvais”, commentait d’ailleurs Maradona lui-même en 2015.

Depuis “El Pibe de Oro”, le pays avait laissé la place au chaud pour celui qui brillait de l’autre côté de l’Atlantique. Sans réussite. Mis à part un titre aux Jeux Olympiques en 2008 avec l’équipe olympique, Messi n’a jamais réussi à soulever le moindre trophée majeur avec l’Albiceleste. Dans son pays, Messi ne cessait d’être accueilli sous une pluie de critiques acerbes, que l’Europe peinait à comprendre.

“Si j’étais à la place de Messi, j’aurais arrêté de jouer pour la sélection il y a bien longtemps pour me consacrer à Barcelone”, concédait même Tata Martino en août 2015, devant l’ampleur des commentaires après une finale de la Copa America perdue face au Chili. Avant de nuancer : “Personne n’imagine une équipe nationale sans Messi.”

Mais nul n’est prophète en son pays et Messi confirme la légende. Une finale de la Coupe du monde perdue face à l’Allemagne en 2014, une finale de la Copa America manquée face au Chili en 2015, et l’Argentine à nouveau battue par les Chiliens lors de la Copa America 2016. Trois années et trois courses d’endurance perdues sur la ligne d’arrivée pour Messi : celle-ci était sûrement la dernière, et la plus douloureuse. Preuve en est, les larmes d’un joueur qui a tout conquis dans sa carrière, et qui n’a plus d’autres choix que de se retirer devant l’échec.

“C’est dur. Je pense que l’équipe nationale et moi, c’est fini”, a-t-il annoncé à l’issue de la rencontre. Et d’ajouter : “C’est la quatrième finale que je perds, la troisième de suite. Ce n’est pas que pour moi, mais pour le bien de tous. J’ai tout tenté pour être champion avec l’Argentine, c’est ce que je désirais le plus, mais ça n’a pas marché. En plus, c’est moi qui rate mon penalty. C’est incroyable, ça ne veut pas”, a annoncé la Pulga, signifiant sa retraite internationale, alors qu’il était devenu cet été le meilleur buteur de l’histoire de l’Albiceleste avec 55 réalisations, battant ainsi le record de Gabriel Batistuta (54).

“Si nous perdons, qu’ils ne rentrent pas !”, menaçait avant la rencontre Maradona, qui a finalement eu raison de Messi. Quoi qu’en disait Tata Martino, la sélection devra désormais faire sans l’un de ses plus illustres représentants.

Car non seulement il n’a pas su être le leader que tout un pays attendait depuis 11 ans, mais en ratant son propre tir au but, et en baissant les bras devant le poids des attentes, Messi est devenu le bourreau malheureux d’une Argentine désormais orpheline.

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